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	<title>Expertise citoyenne &#187; médias</title>
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	<description>Parce qu&#039;on n&#039;est jamais si bien servi que par soi-même</description>
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		<title>Revue de presse (non exhaustive) (2) La France</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Mar 2014 10:22:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rachel Campergue]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[dépistage]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[essai canadien]]></category>
		<category><![CDATA[mammographie]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Les études dont les conclusions ne vont pas dans le sens de l’efficacité de la mammographie font fréquemment l’objet d’une attaque en règle de la part des partisans du dépistage. C’est logique et de bonne guerre. Ce qui l’est déjà &#8230; <a href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/05/revue-de-presse-non-exhaustive-2-la-france/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/05/revue-de-presse-non-exhaustive-2-la-france/">Revue de presse (non exhaustive) (2) La France</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com">Expertise citoyenne</a>.</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/spirales-SM2-REC.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-803" alt="spirales SM2 REC" src="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/spirales-SM2-REC.jpg" width="397" height="345" /></a>Les études dont les conclusions ne vont pas dans le sens de l’efficacité de la mammographie font fréquemment l’objet d’une attaque en règle de la part des partisans du dépistage. C’est logique et de bonne guerre. Ce qui l’est déjà moins, c’est que les médias effectuent rarement le travail d’investigation qui leur permettrait de jouer un autre rôle que celui de relais amplificateur des institutions dont l’objectif, par contrat, est de continuer à promouvoir le dépistage. Nous avons, dans le <a href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/03/revue-de-presse-1-les-etats-unis/">post précédent</a>,  procédé à une revue de presse des médias outre-Atlantique en relevant les « arguments » les plus grossiers exhumés pour tenter d’invalider l&rsquo;<a href="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/breastscreening-2.pdf">essai canadien</a> paru dans le <em>BMJ</em> le 11 février dernier. Essai qui conclut à l’incapacité de la mammographie à réduire la mortalité spécifique au cancer du sein. Comment les médias français allaient-ils s’en sortir pour parvenir à tempérer un résultat aussi politiquement incorrect ?<span id="more-796"></span></p>
<p>Comme à leur habitude en fait, ni plus ni moins. En d’autres termes, il existe un certain nombre d’« arguments » que l’on ressort systématiquement du placard chaque fois que la mammographie est attaquée. Ce sont nos classiques français en quelque sorte. Tant ce sont des constantes que nous pourrions nous amuser à les édicter sous forme de lois. Un peu comme de bonnes vieilles recettes qu’il suffirait de suivre pour éviter que le soufflé au fromage de la mammographie ne se dégonfle piteusement juste avant d’être servi à table. Quelles sont ces lois/recettes qui marchent toujours, mais pour combien de temps encore?</p>
<p><b>1/ Si l’étude est défavorable à la mammographie, elle n’est pas transposable en France</b></p>
<p>« <em>Les résultats ne sont transposables d’aucune façon en France. L’étude compare des groupes de femmes âgées de 40 à 59 ans, alors qu’en France, le dépistage est proposé aux 50-74 ans. Cela change tout.</em> » (Jérôme Viguier, dans <a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>).</p>
<p>« <em>Une étude canadienne publiée dans le « BMJ » sème une nouvelle fois le doute sur l’intérêt de la mammographie dans le dépistage des cancers du sein. Mais ses résultats semblent difficilement transposables à ce qui se fait en France</em>. » (<a href="http://legeneraliste.net/layout/Rub_ACTU.cfm?espace=ACTU&amp;id_rubrique=1013&amp;id_article=38735 "><em>Le Généraliste</em></a>)</p>
<p>« <em>Une étude canadienne tend à montrer que le risque de mourir d&rsquo;un cancer du sein n&rsquo;est pas moins important chez les femmes suivies régulièrement. En France, le dépistage organisé réduit fortement la mortalité</em>. » (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>, en sous titre)</p>
<p>« <em>Les résultats canadiens sont-ils transposables en France ? […]Reste maintenant à savoir si cette étude canadienne remet en cause la stratégie française. Plusieurs éléments de réponse peuvent être avancés. Tout d&rsquo;abord, au Canada, les femmes ont été dépistées dès 40 ans, annuellement, et durant à peine cinq ans. En France, depuis dix ans, les femmes sont appelées à faire des mammographies à partir de 50 ans, et ce tous les deux ans […] Ces différences avec la France ne sont pas neutres </em>» (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>)</p>
<p><b>2/ Si l’étude est favorable à la mammographie, subitement, elle le devient</b></p>
<p>« <em>A l’exception de cette étude, toutes les études mondiales montrent que le dépistage permet d’avoir des traitements plus faciles, et moins mutilants. Le pronostic des tumeurs est donc meilleur à long terme…</em> » (Daniel Serin, cancérologue, dans <a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>)</p>
<p>« … d’autres données [que celles de l’essai canadien] plaident dans le sens inverse. Comme cette publication de 2012 du <i>Journal of Medical Screening</i> qui a passé en revue les programmes européens de dépistage et a conclu que sur 1 000 femmes dépistées, 7 à 9 décès sont évités pour 4 femmes <i>« surdiagnostiquées »</i>. Et, globalement, <i>« si les bénéfices sont certes moins importants que ceux mis en avant dans les années 1980 –- du fait notamment des progrès thérapeutiques réalisés depuis – il est admis que le dépistage à la française réduit la mortalité d’environ 20% au prix de 10% de surdiagnostic ». </i>(Marc Espié, dans <a href="http://legeneraliste.net/layout/Rub_ACTU.cfm?espace=ACTU&amp;id_rubrique=1013&amp;id_article=38735 "><em>Le Généraliste</em></a>)</p>
<p><b>3/ Parler systématiquement de polémique plutôt que de débat.</b></p>
<p>« <em>Polémique biaisée sur la mammographie</em> » (<a href="http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/02/13/21990-polemique-biaisee-sur-mammographie"><em>Le Figaro</em></a>, en titre)</p>
<p>« <em>Polémique venue du Canada </em>» (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>, en titre)</p>
<p>« <em>Disons que les polémiques sont très bien relayées par les médias </em>» (Jérôme Viguier, dans <a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>)</p>
<p>Or, selon le <em>Petit Robert</em> :</p>
<p>Polémique : qui suppose une attitude critique, qui vise à une discussion vive ou agressive.</p>
<p>Débat : action de débattre une question, de la discuter.</p>
<p>« Polémique » est un terme beaucoup plus péjoratif que « débat », employé à dessein afin de faire passer les douteurs de la mammographie pour des accros à la critique, quelle qu’elle soit.</p>
<p><b>4/ Inviter des personnes dont la profession est liée au maintien du dépistage pour expliquer pourquoi il est utile</b>.</p>
<p>Jérôme Viguier, directeur du Pôle Santé publique &amp; Soins à l’Institut National du Cancer (INCa), ancien « Mr Dépistage » de l’INCa,  (Invité par <em>Libération</em>)</p>
<p>Marc Espié, responsable du Centre des maladies du sein de l’hôpital Saint-Louis, service d’Oncologie médicale. (invité par <em>Le Généraliste</em>)</p>
<p>Daniel Serin, cancérologue à l’institut Sainte-Catherine à Avignon (invité par <em>Pourquoi</em> <em>docteur</em>)</p>
<p>Il est à noter que <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/cancer-du-sein-le-surtraitement-est-devenu-un-probleme-de-sante-publique_1132465.html"><em>L’Express</em></a>, le renégat, à osé enfreindre cette loi et laisser la parole … à l’auteur leader de l’essai canadien, le Dr Anthony Miller. Infraction à saluer…</p>
<p><b>5/ Si le résultat de l’étude est défavorable à la mammographie, suggérer que ce n’est qu’une impression</b></p>
<p>« <em>En lisant l’étude un peu vite, on retient que faire une mammographie tous les ans ne réduit pas la mortalité due au cancer du sein</em> » (<a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>)</p>
<p>« <em>De nombreux médias se sont précipités sur la conclusion, sans nuance, de l&rsquo;étude alors que les enseignements de celle-ci sont beaucoup plus modestes</em>. » (<a href="http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/02/13/21990-polemique-biaisee-sur-mammographie"><em>Le Figaro</em></a>)</p>
<p>L’étude possèderait un sens caché (qui reste encore à découvrir) qu’une lecture trop rapide ne permettrait pas d’appréhender.</p>
<p>Une autre encore :</p>
<p><i>« Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain »,</i>(<i> </i>Marc Espié dans <em>Le Généraliste</em>) Cette étude <i>« est plus une étude qui valide l’intérêt de l’examen clinique dans le repérage des cancers du sein qu’une véritable remise en cause de la mammographie&#8230; »</i>. (idem, Marc Espié, <a href="http://legeneraliste.net/layout/Rub_ACTU.cfm?espace=ACTU&amp;id_rubrique=1013&amp;id_article=38735 "><em>Le Généraliste</em></a>)</p>
<p><b>6/ L’opposition à la mammographie n’a rien à voir avec les faits mais est plutôt à  mettre sur le compte de traits de caractère bien français </b></p>
<p>« <em>A la moindre étude qui met en doute le dépistage, les journalistes embrayent….En France, certainement plus qu’ailleurs. Peut-être parce que les Français aiment bien être un peu rebelles et méfiants vis-à-vis de l’Etat. Ils ont un regard circonspect envers les stratégies nationales de santé, que ce soit les campagnes de vaccination ou bien de dépistage.</em> » (Jérôme Viguier, dans <a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>)</p>
<p>Les français –mais surtout les françaises – sont de grands enfants, c’est bien connu. Il faut donc être indulgents, en se gardant de prendre trop au sérieux leurs opinions. Plus paternaliste, tu meurs…</p>
<p><b>7/ La répétition tiendra lieu d’argument</b></p>
<p>«<em>Oui, les dépistages de cancer du sein sont efficaces</em>» (<a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>, en titre, citant Jérôme Viguier)</p>
<p>« <em>Pourquoi le dépistage organisé est utile </em>» (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>, en titre)</p>
<p>« …<em> la réduction du risque de décès est de 20 à 30 % </em>» (<a href="http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/02/13/21990-polemique-biaisee-sur-mammographie" target="_blank"><em>Le Figaro</em></a>)</p>
<p>« <em>Oui</em>. [Jérôme Viguier répondant à la question « Le dépistage est-il vraiment efficace ? »]  <em>Dans le milieu médical, le dépistage en soi ne fait pas débat. Il réduit les taux de mortalité. De l’ordre de 15 à 20 % </em>» (Jérôme Viguier, dans <a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>)</p>
<p>Répétez, répétez, il en restera toujours quelque chose… Des affirmations ou des chiffres invalidés depuis longtemps &#8211; et en particulier par l’étude qu’il s’agit justement de commenter &#8211; sont martelés, envers et contre tout.</p>
<p>Une dernière de Daniel Serin, interviewé par <a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a> :</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>En 2012, d&rsquo;après les chiffres de l&rsquo;Inca, elle </em>[la mortalité]<em> baisse de 15 à 21 %, soit 150 à 300 décès évités pour 100 000 femmes dépistées</em> &nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Pourquoi docteur</em> pouruit« <em>L’Institut national du cancer (INCa) estime qu’il permet de repérer 90 % des cancers avant l’apparition des symptômes. Cette efficacité s’explique par la régularité des examens, tous les deux ans. Et pour l&rsquo;Institut, la détection précoce réduit la mortalité due au cancer du sein.</em> »</p>
<p>Il est à noter que l’on persiste ici à lier détection précoce et réduction de la mortalité, alors que les études (et en particulier l’essai canadien) montrent que les deux n’ont rien à voir. Mais pourquoi, docteur, cette notion est-elle si difficile à comprendre ?</p>
<p><b>8/ Le dépistage, tu victimiseras</b></p>
<p>« <em>Le dépistage du cancer du sein est à nouveau sous le feu des critiques</em> » (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>)</p>
<p>« <em>Surdiagnostic, pas d&rsquo;impact réel sur la mortalité&#8230; Ce sont les critiques éternelles qui collent à la peau du dépistage systématique du cancer du sein </em>» (<a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Cancer-du-sein---pourquoi-le-depistage-organise-est-utile-5401.html"><em>Pourquoi docteur</em></a>)</p>
<p>Et enfin <a href="http://legeneraliste.net/layout/Rub_ACTU.cfm?espace=ACTU&amp;id_rubrique=1013&amp;id_article=38735 "><em>Le Généraliste</em></a> qui titre : « <em>La mammo à nouveau bousculée</em> ». La pauvre chérie…</p>
<p><b>9/ Insinuer que l’opposition au dépistage bénéficie d’un battage médiatique disproportionné</b></p>
<p>« <em>Disons que les polémiques </em>[voir loi N°3]<em> sont très bien relayées par les médias. A la moindre étude qui met en doute le dépistage, les journalistes embrayent</em>… » (Jérôme Vigier, dans <a href="http://www.liberation.fr/societe/2014/02/18/oui-les-depistages-de-cancer-du-sein-sont-efficaces_980863" target="_blank"><em>Libération</em></a>)</p>
<p>Il serait intéressant, à la prochaine étude remettant en cause l’efficacité de la mammographie, de reprendre ces lois et de vérifier leur mise en application.</p>
<p>Place aux travaux pratiques…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>PS : En parlant de revue de presse, après un décrochage de twitter de plusieurs jours, je découvre <a href="http://lacrabahuteuse.fr/2014/02/la-science-devrait-suffire-vous-ne-croyez-pas/">ça</a>, de Doña Pernelle. Décoiffant, comme d&rsquo;hab&#8230;</p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/05/revue-de-presse-non-exhaustive-2-la-france/">Revue de presse (non exhaustive) (2) La France</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com">Expertise citoyenne</a>.</p>
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		<title>Revue de presse. (1) Les Etats-Unis</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Mar 2014 06:28:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Rachel Campergue]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>Les faits devraient trancher. Ils ne le font pas. Ceux qui mettent en doute l’efficacité de la mammographie encore moins que d’autres. Les réactions qui ont suivi la publication le 11 février dernier dans le British Medical Journal d’un essai canadien &#8230; <a href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/03/revue-de-presse-1-les-etats-unis/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></p>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com/2014/03/03/revue-de-presse-1-les-etats-unis/">Revue de presse. (1) Les Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="http://www.expertisecitoyenne.com">Expertise citoyenne</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/velo-red.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-790" alt="velo red" src="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/velo-red.jpg" width="454" height="340" /></a>Les faits devraient trancher. Ils ne le font pas. Ceux qui mettent en doute l’efficacité de la mammographie encore moins que d’autres. Les réactions qui ont suivi la publication le 11 février dernier dans le <i>British Medical Journal </i>d’un <a href="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/breastscreening-2.pdf">essai canadien</a> établissant la non-intervention de la mammographie de dépistage dans la réduction de la mortalité par cancer du sein sont là pour en témoigner. La résistance est considérable. En ce sens, la façon dont une étude est commentée dans les médias est éclairante au plus haut point. Pourquoi les conclusions des études n’influent pas sur les politiques de santé publique se comprend par la revue de presse. Concernant l’essai canadien, elle va s’avérer si riche et instructive qu’elle se fera par étapes. Dans un premier temps, nous éplucherons les réactions outre-Atlantique puis, après cette mise en bouche et afin de respecter un crescendo dans le ridicule, nous procéderons, dans un post ultérieur, à une revue de presse de ce côté ci de l’Atlantique.<span id="more-788"></span></p>
<p>Un bref rappel des faits avant de passer à la revue de presse proprement dite.</p>
<p>Un groupe de chercheurs canadiens mené par le Dr Anthony Miller de la Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto a suivi pendant 25 ans 90 000 Canadiennes âgées de 40 à 59 ans en les assignant au hasard en deux groupes : un premier bénéficiant d’une mammographie annuelle ainsi que d’un examen clinique réalisé par une infirmière expérimentée, et un second, le témoin, bénéficiant de l’examen clinique seul. A l’arrivée, le taux de mortalité par cancer du sein fut identique dans les deux groupes. La mammographie n’apportait donc rien de plus par rapport à un examen clinique pratiqué par une professionnelle entrainée. Dit plus clairement : la mammographie de dépistage ne réduisait pas la mortalité due au cancer du sein. Une conclusion qui ne passe pas dans certains milieux, d’autant plus que le leader de l’étude en déduit assez logiquement : « Il devient urgent pour les décideurs en santé publique de réévaluer le bien fondé du dépistage par mammographie. »</p>
<p>Aux Etats-Unis, le bal est ouvert pas Gina Kolata du <i>New York Times</i> qui titre : <a href="http://www.nytimes.com/2014/02/12/health/study-adds-new-doubts-about-value-of-mammograms.html?_r=0">« Une étude à grande échelle jette le doute sur l’efficacité des mammographies ». </a>L’article, qui a suscité quelque chose comme 645 commentaires, est factuel et reprend les grandes lignes de l’essai. Kolata cite le Dr. Richard C. Wender de l’American Cancer Society (ACS), selon lequel « les données tous essais confondus [dont celui du Canada] montrent que la mammographie réduit d’au moins 15 % le taux de mortalité par cancer du sein chez les femmes dans la quarantaine et d’au moins 20 % chez les femmes plus âgées ». Rien de tel que des pourcentages taillés au cordeau pour rassurer les femmes sur le point de basculer du côté du doute. Le représentant de l’ACS tente de sauver ce qui peut l’être en ajoutant que si les traitements ont contribué à la réduction de la mortalité par cancer du sein, le dépistage ne doit pas être oublié et a lui aussi joué un rôle en détectant les cancers plus tôt.</p>
<p>Le même Richard Wendel déclare au <a href="http://www.boston.com/lifestyle/health/blogs/daily-dose/2014/02/11/study-questions-value-mammography-reduce-breast-cancer-deaths/XKhRF6OO6PV6dN69HOZEJP/blog.html" target="_blank"><i>Boston Globe</i></a> que « quelle que soit la maladie, il y a toujours un surdiagnostic […] Nous traitons toute personne présentant une hypertension et pourtant toutes ne vont pas décéder d’un accident vasculaire cérébral ou d’un infarctus ». L’argument de l’inévitabilité (qui sous-entend son acceptabilité sans discussion) du surdiagnostic est très employé, en particulier par ceux qui ne le subissent pas. Mais l’analogie entre hypertension est cancer du sein est-elle valide ? Peut-on comparer la lourdeur et la toxicité des traitements ? Jusqu’à nouvel ordre, on n’opère ni ne pratique de chimiothérapie et de radiothérapie pour une simple hypertension. Wendel confirme dans le même quotidien les recommandations de l’ACS : mammographies annuelles dès 40 ans. Toujours selon le <i>Boston Globe</i>, il semblerait que certains radiologues aient vertement attaqué les chercheurs, les accusant de s’être rendu coupable d’un <i>a priori</i> contre la mammographie en concevant un essai dans lequel les femmes du groupe de contrôle dans la cinquantaine ont bénéficié d’un examen clinique annuel pratiqué par une infirmière entrainée en place et lieu de la mammographie. Selon les critiques, les chercheurs voulaient prouver que « tout ce que les femmes avaient à faire était un examen clinique ». En effet, cet essai a montré que la mammographie n’apportait rien de plus par rapport à un examen clinique pratiqué par une infirmière bien formée. On ne comprend pas très bien cependant de quoi les chercheurs devraient se sentir coupables. N’est-ce pas le but de toute étude se penchant sur l’efficacité de la mammographie d’isoler autant que possible la procédure afin de distinguer, dans la réduction de la mortalité, ce qui est attribuable à l’examen clinique, ce qui l’est à l’amélioration des traitements &#8211; ce que fit <a href="http://www.expertisecitoyenne.com/wp-content/uploads/2014/03/Autier_Boniol_Gavin_Vatten_2011_bmj.d4411.full_.pdf">l&rsquo;étude de Philippe Autier sur les trois paires de pays européens</a>-, et enfin ce qui n’est attribuable qu’à la mammographie? Aurait-il été plus judicieux de mélanger les facteurs de façon à rester dans l’impossibilité de déterminer ce qui est attribuable à quoi ? Il est certain que camper dans ce flou artistique le plus longtemps possible permet aux partisans de la mammographie de gagner du temps, mais c’est bien le seul avantage.</p>
<p>Le quotidien de la côte Ouest, le <i>LA Times</i>, titre <a href="http://www.latimes.com/science/la-sci-breast-cancer-mammography-20140212,0,6053567.story#axzz2t5GUop5k" target="_blank">&laquo;&nbsp;Une étude met en évidence que la mammographie de dépistage ne réduit pas le taux de mortalité par cancer du sein</a>&laquo;&nbsp;. Le sous-titre, en découplant détection des cancers et réduction de mortalité, est encore plus explicite : « Selon une étude portant sur 90 000 Canadiennes, le dépistage annuel détecte des cancers, mais cela ne réduit pas le nombre de décès par cancer du sein. »</p>
<p><i>USA Today</i> quant à lui annonce : <a href="http://www.usatoday.com/story/news/nation/2014/02/11/risks-of-mammograms/5394115/" target="_blank">« Une étude soulève le problème des risques de la mammographie »</a>, et développe : « Une nouvelle étude ravive le débat sur le problème du surdiagnostic dans le dépistage du cancer du sein. » Le résultat-majeur de l’étude &#8211; pas d’influence sur le taux de mortalité par cancer du sein &#8211; probablement trop politiquement incorrect, passe au second plan derrière le risque de surdiagnostic. Le quotidien cite le chiffre de 22 % sans spécifier que les DCIS- les « cancers » les plus sujets au surdiagnostic- ont été exclus de l’étude.</p>
<p><em>USA Today</em> cite le Dr Barbara Monsees, radiologue, qui juge l’essai canadien foncièrement biaisé et d’aucune utilité pour tirer des conclusions sur l’efficacité de la mammographie. Si elle reconnait l’existence d’un certain surdiagnostic dans le dépistage du cancer du sein, selon elle, le « taux réel » est « bien plus faible » et les études « plus fiables » donnent un taux en dessous de 10 %. De l’autre bord, Steven Woloshin<a title="" href="#_ftn1">[1]</a>, professeur au Dartmouth Institute for Health Policy &amp; Clinical Practice à Hanovre, dans le New Hampshire, déclare pour sa part que l’étude sous-estime les risques inhérents à la mammographie dans la mesure où elle n’a pas inclus les DCIS.</p>
<p>Mais nous avons gardé le meilleur pour la fin: la <a href="http://www.acr.org/News-Publications/News/News-Articles/2014/ACR/BMJ-Article-on-Breast-Cancer-Screening-Effectiveness-Incredibly-Flawed-and-Misleading" target="_blank">réaction</a> très attendue du groupement représentatif des professionnels de l’imagerie médicale aux Etats-Unis, l’American College of Radiology (ACR). Elle eut lieu le lendemain de la parution de l’essai canadien dans le BMJ et fut sans surprise aucune : l’ACR juge l’essai canadien « défectueux et trompeur au plus haut point » (<i>incredibly flawed and misleading</i>) et prévient : « Si les politiques de santé publique tiennent compte des résultats de cet essai, un grand nombre de femmes verraient leur risque de décéder inutilement du cancer du sein augmenté ». L’ « argument » est né en même temps que les programmes de dépistage par mammographie : dès que l’on touche à la procédure, on a des morts sur la conscience.</p>
<p>L’ACR déclare dans la foulée que « les experts appelés à juger l’essai canadien ont confirmé que les mammographies étaient de mauvaise qualité ». Quels experts ? Quand ont-ils jugé cela ? En l’espace de 24 h ? Pourquoi « confirmé » ? Qui l’a affirmé avant eux ? Pour affirmer que les mammographies étaient de mauvaise qualité, l’ACR avance que « les machines étaient d’occasion ». Indigent Canada ! En être réduit à soumettre 45 000 femmes (la moitié des femmes de l’essai) à un parc – particulièrement étendu &#8211; de machines à mammographier d’occase ! Il a du tomber sur un lot providentiel, le genre de bonne affaire qui n’arrive qu’une fois et qu’il s’agit de ne pas laisser passer. Autre faille de l’essai selon l’ACR : « Les techniciens n’ont pas été formés à bien placer le sein sur les plaques (« were not taugh proper positionning »). Le Canada n’est décidément pas gâté avec des techniciens au QI si peu élevé qu’on les imagine hésitant sur quelle partie de l’anatomie féminine placer sur les plaques quand il s’agit de procéder à une mammographie. L’ACR insiste, juste au cas où : « En conséquence, de nombreuses femmes ont été mal positionnées sur les machines » (<i>many</i> <i>women were not properly positioned in the machines</i>). A cause de toutes ces histoires de positionnement, « de nombreux cancers ont été manqués ».</p>
<p>La nullité du personnel médical impliqué dans l’essai n’a toutefois pas été répartie de façon homogène puisque Daniel Kapans, un autre fervent défenseur de la mammographie, directeur du département imagerie médicale du sein à l’hôpital général du Massachussetts, déclare au <i>Boston Globe</i> que « les infirmières qui ont réalisé les examens cliniques étaient particulièrement bien formées tandis que les radiologues de l’essai ne l’étaient pas. » Quelle déveine tout de même un tel déséquilibre entre la formation des radiologues et celle des infirmières !</p>
<p>L’accusation prend ensuite un tour plus sérieux. Dans la mesure où les super-infirmières qui ont procédé à un examen clinique du sein chez toutes les femmes de l’essai l’ont fait avant que la moitié d’entre elles soit soumises à une mammographie de dépistage et l’autre non, les chercheurs ont pu savoir quelles femmes présentaient un cancer et s’empresser de les diriger, sciemment et méthodiquement pendant 25 ans, vers le bras « mammographie » de façon à fausser les résultats en défaveur de la procédure. Si l’ACR juge le Canada peu gâté en termes d’équipement et de techniciens, il semble toutefois reconnaître à ses chercheurs une compétence peu commune dans la manipulation à grande échelle et sur le long terme.</p>
<p>L’ACR fait feu de tout bois. Nous aurions tort d’être surpris : on voit mal comment une association de radiologues pourrait applaudir des deux mains un essai mettant en cause l’efficacité d’une procédure de radiologie parmi les plus rentables de leur point de vue. Parfois cependant plus c’est gros mieux ça passe, et Gilbert Welch, professeur de médecine dans le même institut que Steven Woloshin, monte quand même au créneau le 19 février sur CNN pour défendre à la fois l’essai et le Canada, dont l’image vient d’en prendre un sérieux coup dans les locaux de l’ACR. Dans sa mise au point <a href="http://edition.cnn.com/2014/02/19/opinion/welch-mammograms-canada/index.html?hpt=op_t1" target="_blank">« <i>Don’t slam Canada for mammogram study</i> », </a>il reprend point par point les chefs d’accusation de l’ACR. A celui de tricherie, il répond que le résultat même de l’essai &#8211; aucune différence entre les deux groupes &#8211;  est une preuve que l’assignation s’est bien faite au hasard. Le taux de mortalité fut exactement le même pour les deux groupes, année après année, et ce pendant 25 ans. Seuls des groupes formés au hasard peuvent donner un tel résultat. En effet comment calculer ou doser la tricherie de façon à obtenir exactement le même taux de mortalité dans les deux groupes ?</p>
<p>A l’accusation comme quoi le Canada serait un pays du tiers monde en matière d’équipement mammographique, Welch rétorque : « Pour l’ACR, le Canada c’est le Botswana : il vient tout juste d’accéder aux bienfaits de l’électricité et il bataille encore pour se doter de radiologues compétents. Au Canada, rien ne va. Les machines sont mauvaises, les images radio qu’elles produisent le sont tout autant, ainsi que les techniciens qui les interprètent. Espiègle, Welch renvoie la balle à l’envoyeur : l’argument comme quoi les machines n’étaient pas dernier cri est pour le moins incongru puisque les « mammographeurs » se réfèrent constamment aux essais antérieurs – favorables à la mammographie. Or, de fait, les machines utilisées pour ces essais-là étaient plus anciennes. Les accusations de l’ACR dégringolent ainsi du statut d’arguments à celui d’allégations.</p>
<p>Et Gilbert Welch de conclure : « Proférer des allégations est une tactique relativement commune en politique mais elle ne devrait pas avoir sa place dans le domaine scientifique. Trop d’énergie a été dépensée à discréditer l’étude canadienne et trop peu à comprendre ses implications. »</p>
<p>« Trop d’énergie… », déplore Welch. Il n’a encore rien vu… et ne verra pas. N’étant pas familier de la langue de Molière, il ne connaitra jamais l’ampleur de celle qui sera dépensée en France pour contrer cet essai bien dérangeant. Ni ne pourra imaginer son niveau argumentaire. Il est des arguments auxquels même les plus fervents défenseurs de la mammographie outre-Atlantique n’auraient jamais pensé. Nous avons au moins cela pour nous : des trésors d’imagination.</p>
<p>A découvrir très bientôt…</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Co-auteur avec Gilbert Welch et Lisa Schwartz de Know Your Chances : Understanding Health Statistics (2008) et de Overdiagnosed (2011)</p>
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